Erwann Bayle
Directeur artistique & Designer graphique



Directeur artistique et designer graphique parisien.
Praticien des médiums numériques et imprimés : 
objets éditoriaux, identités visuelles, typographies, calligraphies, photographies, vidéos.
Mon travail s’adresse principalement aux institutions culturelles, associations, administrations publiques, théâtres publiques et indépendant·es. 





année
projettypologie


2026
Bonjour tristesseédition

2025
Théâtre-graphiquedirection artistique

2025
Affiches bar Club-Matecommunication

2024
Texturesphotographie

2024
Wikipédia to paperédition

2024
Publications Club-Mateidentité

2023
Abstractionsillustration

2023
Workshop boogy papercalligraphie

2023
Greenwashingrecherche

2022
Déchetsédition

2022
Affiche TDCcommunication
2025
Théâtre-graphiquedirection artistique





Théâtre-graphique explore ce que peut engendrer une rencontre entre le Théâtre 
et le Graphisme. Ce projet est un temps d’échange où l'on explore ce que, 
en tant que graphiste, je peux transmettre d’expression graphique en jouant avec l'appétence de comédien.nes pour l’écriture. Le projet prend la forme d’un atelier d'écriture graphique centré autour d'un parcours protocolaire se déroulant l’espace d’une journée.

Cet atelier se déroule dans la forêt de Sèvres. Un lieu ex-centré de ville, de son environnement, de ses sons, de ses images. La forêt offre un endroit où s'isoler, où la nature est prédominante, c'est un éco-système bien différent de celui que l'on côtoie en tant que citadin et qui va donc pouvoir servir d'inspiration.

Pour faire cet atelier les comédien.nes n'écrivent pas comme ils ont l'habitude de le faire. Ils ont pour contrainte de ne pas écrire directement sur la feuille avec un stylo mais d'utiliser 
les documents éditoriaux mis à leur disposition pour cette occasion. Rien ne pourra être créé, ils doivent se réapproprier ces existants et proposer quelque chose de nouveau avec.

Ils retrouvent également à leur disposition des feuilles blanches comme support, de la colle et des ciseaux, des stylos et des marqueurs pour dessiner, et les matériaux offerts par la nature. Les comédien.nes doivent composer avec ce qu'ils ont à leur disposition, tant dans leur inspiration que dans leur expression. 

Au préalable, une récolte de documents éditoriaux (livres, magazines, prospectus, etc.) a été effectuée. Cette récolte s'est faite sur la route, à pied, reliant l'ESAD (Forum des Halles, niveau -3 — 12 place Carrée 75001 Paris) à la forêt de Sèvres. Cette récolte éditoriale suit ce parcours dans la volonté d'inscrire toutes les ressources utilisées au sein de notre atelier. C'est aussi la volonté d'amener à la forêt des ressources qu'elle ne possède pas.

Cet atelier comprend cinq exercices qui mélangent un travail d’écriture et d’expression graphique qui ont pour vocation de travailler différentes techniques et endroits. Ces exercices amènent à investir la feuille comme si elle représentait un plateau, elle sert à représenter graphiquement une intention de jeu.

Théâtre-graphique souhaite explorer l'incidence d'un protocole sur le processus de création. Comment la contrainte peut-elle être un outil bénéfique à la création ? À travers ces exercices, ce protocole a pour but de définir des contraintes, ces consignent, un cadre afin d'explorer où cela nous mène. L'issu de cet atelier est de créer une capsule théâtrale à partir de l'ensemble des productions. Une restitution est prévue au Campus Fonderie de l'Image. Ainsi après être parti de l'ESAD pour naître en Forêt elle s’achève en Ville. Nous avons apporté des matériaux inédits en forêt depuis la ville, bâtit ce projet en forêt et ramener en ville ce que la forêt nous a donné.

Ce projet se fait en collaboration avec un échantillon des étudiant.es de l'ESAD/PSPBB. Le choix de cette association se porte sur cette volonté de travailler avec des personnes ayant une pratique et une sensibilité artistique mais qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler l'expression graphique. Ce sont des personnes habituées à travailler en suivant des protocoles qui utilisent la contrainte comme un outil de création. Elles ont également cette habitude du travail en équipe, d'une pratique commune.

Via Théâtre-graphique nous explorons ensemble si le Théâtre peut s’écrire et se jouer autrement ?








Pour commencer on retrouve ce léporello qui regroupe des exemples des issus imaginés pour cet atelier. Ce sont des références où se mélangeant écriture et graphisme.
On retrouve : Jacques Prévert, le mouvement OuLipo (Ouvroir de littérature potentielle) Fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, groupe d’écrivains, le mouvement dadaïsme, le mouvement Fluxus








Pour guider l’Atelier on retrouve le Manuscrit qui reprend l’esthétique des manuscrits. À l’intérieur on retrouve tout ce qui compose l’atelier, c’est-à-dire les consignes mais aussi des extraits des matériaux qui seront utilisés.








Le dernier objet est un questionnaire. Un questionnaire construit la manière d'un bloc-notes pour recueillir les témoignages et explications des comédien.nes.
J’en avais besoin pour comprendre la réflexion de chacun mais c’est aussi un objet qui aura son importance plus tard.

Ces objets sont pensés comme une collection, un kit. Pour unifier cet ensemble, 
j’ai utilisé la typographie Times pour sa référence à la littérature. C’est une typographie que l’on retrouve dans l’édition notamment grâce à sa capacité pour économiser lors des impressions.














L’atelier était donc en 5 temps. Forme courte, l'exercice d'introduction de cet atelier. 
Le but est d'initier les comédien.nes à utiliser et analyser l'environnement 
et les ressources à disposition afin de créer une forme graphique tout en faisant preuve de spontanéité. Il faut choisir un sujet autour de soi (ex : animal, végétal, minéral, etc.). Écrire maximum 4 lignes sur notre ressenti, notre perception à propos de ce sujet.








Le deuxième exercice, Capture sonore, reprend l'exercice de Forme courte. 
Avec Capture sonore, le son devient graphique. Le but est d'initier les comédien.nes 
à utiliser et analyser l'environnement sonore et les ressources à disposition afin de créer une forme graphique tout en faisant preuve de spontanéité. Il faut choisir un sujet sonore autour de soi (ex : bruit animal, bruit du vent, etc.). Restituer l’interprétation 
de ce son par l’écrit, retranscrire son évolution, ses variations, son interprétation 
de ce sujet. 








Ensuite, on retrouve le Cadavre exquis, un exercice en lien avec l'aptitude des comédien.nes au travail collaboratif et à leur capacité à improviser en rebondissant sur les propositions des autres.








Pour le quatrième exercice, cette fois il faut trouver un espace dans l’environnement 
et chercher une position pour vous approprier l’espace. Jouer avec le décor et les éléments autour de soi. Cet exercice vise à se servir du corps comme un objet d'écriture. Le but est de s'approprier l'environnement afin de créer une narration où la nature vient rencontrer le corps.








Lors de l'atelier, il était souvent question d'une certaine mélancolie, du souvenir, 
de l'introspection dans les propositions. C'est ce qui a guidé cette capsule graphique.
Jade a chier dans la colle est un récit sur l'émancipation. C'est une invitation au voyage et à l'aventure. C'est un désir de liberté.
Voltaire, le héros de cette histoire, est face à un choix cornélien : Écouter cette volonté de quitter son nid et de s’affranchir des frontières qu’on lui dessine ou bien rester dans un cocon, dont la délicate soie le protège de la dureté du monde.














Protocole est le récit de cette expérimentation créative. Cet objet, construit comme 
une revue, vient documenter le processus de cette création commune, dans le but 
de partager cette expérience. Protocole vient donner des clés de lecture, c’est aussi 
une trace de cette expérimentation exceptionnelle.
On y retrouve les photographies de l’atelier, les descriptions des exercices mais également les témoignages et remarques des comédien.nes pour en apprendre plus sur leur démarche.








Ce qui m'étonne le plus avec cet atelier, c'est le consensus qui s'est créé. Même lorsque les exercices étaient individuels, le fait d'avoir choisi la forêt comme lieu de création 
et des personnes qui ont l'habitude de travailler ensemble, donne une homogénéité aux différentes créations. Le fait de suivre un protocole a permis de se libérer de la peur d'aborder un domaine inconnu. La contrainte de temps ainsi que celle des matériaux 
à disposition ont permis de réduire le temps de réflexion amenant à aller à l'essentiel 
et à faire preuve de spontanéité. 

Ce projet a été l'occasion d’échanger nos rôles avec les comédien.nes. J'ai pu essayer l'écriture, je me suis rendu compte que l'image a une place importante même lorsqu'il s'agit de mots. C'est elle qui m'inspire une narration tant dans ce que j’écris que dans ma manière d'écrire. Quand j’écris, c'est à partir de l'image, j'ai besoin que les concepts abordés soient visuels.





Erwann Bayle2026