Théâtre-graphique explore ce que peut engendrer une rencontre entre le Théâtre
et le Graphisme. Ce projet est un temps d’échange où l'on explore ce que,
en tant que graphiste, je peux transmettre d’expression graphique en jouant avec l'appétence de comédien.nes pour l’écriture. Le projet prend la forme d’un atelier d'écriture graphique centré autour d'un parcours protocolaire se déroulant l’espace d’une journée.
Cet atelier se déroule dans la forêt de Sèvres. Un lieu ex-centré de ville, de son environnement, de ses sons, de ses images. La forêt offre un endroit où s'isoler, où la nature est prédominante, c'est un éco-système bien différent de celui que l'on côtoie en tant que citadin et qui va donc pouvoir servir d'inspiration.
Pour faire cet atelier les comédien.nes n'écrivent pas comme ils ont l'habitude de le faire. Ils ont pour contrainte de ne pas écrire directement sur la feuille avec un stylo mais d'utiliser
les documents éditoriaux mis à leur disposition pour cette occasion. Rien ne pourra être créé, ils doivent se réapproprier ces existants et proposer quelque chose de nouveau avec.
Ils retrouvent également à leur disposition des feuilles blanches comme support, de la colle et des ciseaux, des stylos et des marqueurs pour dessiner, et les matériaux offerts par la nature. Les comédien.nes doivent composer avec ce qu'ils ont à leur disposition, tant dans leur inspiration que dans leur expression.
Au préalable, une récolte de documents éditoriaux (livres, magazines, prospectus, etc.) a été effectuée. Cette récolte s'est faite sur la route, à pied, reliant l'ESAD (Forum des Halles, niveau -3 — 12 place Carrée 75001 Paris) à la forêt de Sèvres. Cette récolte éditoriale suit ce parcours dans la volonté d'inscrire toutes les ressources utilisées au sein de notre atelier. C'est aussi la volonté d'amener à la forêt des ressources qu'elle ne possède pas.
Cet atelier comprend cinq exercices qui mélangent un travail d’écriture et d’expression graphique qui ont pour vocation de travailler différentes techniques et endroits. Ces exercices amènent à investir la feuille comme si elle représentait un plateau, elle sert à représenter graphiquement une intention de jeu.
Théâtre-graphique souhaite explorer l'incidence d'un protocole sur le processus de création. Comment la contrainte peut-elle être un outil bénéfique à la création ? À travers ces exercices, ce protocole a pour but de définir des contraintes, ces consignent, un cadre afin d'explorer où cela nous mène. L'issu de cet atelier est de créer une capsule théâtrale à partir de l'ensemble des productions. Une restitution est prévue au Campus Fonderie de l'Image. Ainsi après être parti de l'ESAD pour naître en Forêt elle s’achève en Ville. Nous avons apporté des matériaux inédits en forêt depuis la ville, bâtit ce projet en forêt et ramener en ville ce que la forêt nous a donné.
Ce projet se fait en collaboration avec un échantillon des étudiant.es de l'ESAD/PSPBB. Le choix de cette association se porte sur cette volonté de travailler avec des personnes ayant une pratique et une sensibilité artistique mais qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler l'expression graphique. Ce sont des personnes habituées à travailler en suivant des protocoles qui utilisent la contrainte comme un outil de création. Elles ont également cette habitude du travail en équipe, d'une pratique commune.
Via Théâtre-graphique nous explorons ensemble si le Théâtre peut s’écrire et se jouer autrement ?